Imaginez la scène : vous cherchez de nouvelles baskets, vous tombez sur une bonne affaire et décidez d'aller voir sur le site.
Vous attendez 10 secondes… 20 secondes… et le site refuse de se charger. Lassé d'attendre, vous passez à un autre site. Voici ce qui s'est probablement passé : le site de baskets a sans doute investi beaucoup de temps et d'argent dans des images accrocheuses et un design élégant, mais tout cela ne sert à rien si la page met une éternité à se charger.
En bref : choisissez NGINX pour les sites à fort trafic, les contenus statiques volumineux ou les serveurs à mémoire limitée ; son architecture événementielle gère des milliers de connexions avec un minimum de mémoire. Choisissez Apache si vous avez besoin des fichiers .htaccess, de son immense bibliothèque de modules ou d'interpréteurs intégrés comme mod_php. Vous pouvez aussi placer NGINX devant Apache en tant que proxy inverse et profiter du meilleur des deux.
Internet regorge de sites lents.
Selon une étude comparative de Google publiée en 2017, une page de destination mobile mettait en moyenne 22 secondes à se charger complètement. Les pages sont devenues plus rapides depuis, mais un site lent reste désastreux pour les affaires.
Une étude de Portent a montré qu'un site qui se charge en moins d'une seconde affiche un taux de conversion trois fois plus élevé qu'un site qui met cinq secondes à se charger.
Mais quel rapport avec notre comparatif NGINX vs Apache ?
L'un des principaux facteurs de vitesse d'un site est votre serveur web, c'est-à-dire le logiciel qui livre vos pages aux visiteurs.
Apache et NGINX font partie des serveurs web les plus répandus.
En juillet 2026, W3Techs indique que NGINX alimente 31,5 % de tous les sites web dont le serveur web est connu, contre 23,1 % pour Apache.
NGINX est-il donc le grand gagnant ? Pas si vite.
Ces deux serveurs web fonctionnent différemment et répondent à des cas d'usage variés. Dans ce guide, nous examinons les différences entre Apache et NGINX et vous expliquons ce qu'il faut regarder au moment de choisir un serveur.
C'est parti.
Qu'est-ce qu'un serveur web ?
Les serveurs web sont des applications logicielles qui s'exécutent sur un serveur physique et traitent les requêtes entrantes des utilisateurs.
Lorsque vous saisissez une URL comme google.com,
votre navigateur envoie une requête au serveur web, qui stocke les fichiers nécessaires au fonctionnement du site.

Le serveur renvoie ensuite le contenu approprié, qu'il s'agisse de HTML, de CSS, de JavaScript, d'images ou d'un autre type de contenu.
En coulisses, les serveurs web assurent de nombreuses tâches importantes :
- Gestion des connexions et des requêtes HTTP
- Routage des requêtes vers la bonne application backend si nécessaire (comme PHP, Python ou Ruby on Rails)
- Lecture et écriture de fichiers sur le disque pour servir les ressources statiques
- Application des politiques de sécurité
- Compression du contenu pour une transmission plus rapide
- Journalisation des requêtes à des fins d'analyse
Maintenant que nous avons vu comment fonctionnent les serveurs web, voyons comment NGINX et Apache abordent ces tâches.
Qu'est-ce qu'Apache ?
Apache HTTP Server, couramment appelé Apache, est un logiciel de serveur web open source populaire, développé par l'Apache Group et publié pour la première fois en 1995. Il est basé sur le serveur NCSA HTTPd de Rob McCool.
L'Apache Software Foundation, une organisation à but non lucratif créée en 1999 par des membres de l'Apache Group d'origine, assure aujourd'hui la maintenance et le soutien du projet.
Pendant de nombreuses années, Apache a été le serveur web le plus utilisé au monde et a propulsé de nombreux sites. Il a d'ailleurs joué un rôle important dans l'essor du World Wide Web à ses débuts.
Voici quelques-unes des principales fonctionnalités et des principaux avantages d'Apache :
- Architecture modulaire : ses fonctionnalités peuvent être étendues grâce à des modules pour différentes fonctions et différents langages.
- Fonctionne sur divers systèmes d'exploitation : Apache est conçu pour être multiplateforme, afin que vous puissiez héberger votre serveur web sur n'importe quel système d'exploitation, notamment Linux, Windows et macOS.
- Documentation complète et vaste communauté : elles aident les utilisateurs et les développeurs à résoudre les problèmes et à concevoir ensemble de meilleures solutions.
- Configuration flexible : les fichiers .htaccess facilitent les modifications de configuration propres à chaque répertoire.
- Fonctionnalités de sécurité : Apache offre une assez bonne sécurité grâce à sa nature open source et à ses mises à jour régulières qui corrigent les vulnérabilités et les bugs.
Cela dit, Apache présente quelques limites :
- Consommation de mémoire plus élevée : il utilise plus de mémoire que NGINX, notamment lorsqu'il gère plusieurs connexions simultanées.
- Plus lent sous forte charge : il peut être plus lent que NGINX pour servir des fichiers statiques, surtout sous forte charge.
- Difficile à développer et à maintenir pour les développeurs : au fil des années, la complexité croissante de sa base de code a rendu son développement et sa maintenance plus ardus.
Qu'est-ce que NGINX ?
NGINX (prononcé Engine X
) est un logiciel de serveur web gratuit, open source et hautes performances, publié pour la première fois en 2004. Il a été créé par Igor Sysoev, ingénieur logiciel russe, pour résoudre le problème des nombreux utilisateurs accédant simultanément à un site web, un défi pour d'autres serveurs web comme Apache.
Sysoev a commencé à travailler sur NGINX en 2002. Son objectif : résoudre le problème C10k
, c'est-à-dire gérer 10 000 connexions simultanées.
Il imaginait un serveur rapide, stable et évolutif. Cette priorité donnée aux performances rend NGINX exceptionnellement efficace pour servir du contenu statique comme les pages HTML, les images et les fichiers CSS.
Au-delà de sa rapidité, NGINX excelle en tant que proxy inverse. Il reçoit les requêtes des utilisateurs et les achemine intelligemment vers d'autres serveurs, comme Apache ou des applications web, pour optimiser l'utilisation des ressources.
Voici quelques-uns des principaux avantages de NGINX :
- Gestion de la simultanéité : NGINX gère de nombreux utilisateurs simultanément sans exiger trop de mémoire ou de puissance processeur.
- Facile à installer et à configurer : NGINX dispose d'un format de fichier de configuration simple et intuitif qui permet de configurer facilement le serveur web selon votre cas d'usage.
- Diverses fonctionnalités de performance : NGINX intègre de nombreuses fonctionnalités pour la répartition de charge, la mise en cache et la sécurisation des sites web par chiffrement SSL/TLS.
- Prise en charge d'IMAP et POP3 : NGINX peut même faire office de serveur proxy de messagerie, avec la prise en charge de protocoles comme IMAP et POP3.
NGINX présente toutefois quelques inconvénients :
- Paramètres par défaut non optimaux : les algorithmes de répartition de charge par défaut ne donnent pas toujours des résultats optimaux dans toutes les situations.
- Pas de compilateurs de langages intégrés : il ne prend pas en charge nativement la génération de sites dynamiques à l'aide de langages côté serveur comme PHP ou Python. Vous pouvez néanmoins contourner cette limite avec une extension tierce.
NGINX ou Apache : quelles sont les différences ?
La différence fondamentale : Apache traite chaque connexion avec un processus ou un thread dédié, géré par ses Multi-Processing Modules, tandis que NGINX utilise un modèle asynchrone et événementiel dans lequel chaque processus worker jongle avec des milliers de connexions à la fois. C'est pourquoi NGINX gère une forte simultanéité avec moins de mémoire, et pourquoi Apache propose une configuration .htaccess par répertoire et des interpréteurs de langages intégrés.
Apache a longtemps été le serveur web de référence. Mais NGINX a rapidement gagné des parts de marché et il est désormais populaire auprès de nombreux sites à fort trafic.
Si vous prévoyez d'utiliser un hébergement dédié, le choix du serveur web est une décision importante.
Alors, qu'est-ce qui distingue ces deux serveurs ?
Regardons cela de plus près.
| Détails | Apache HTTP Server | NGINX |
|---|---|---|
| Date de création | 1995 | 2004 |
| Conditions de licence | Licence Apache 2.0 | Licence BSD à 2 clauses |
| Compatibilité avec les systèmes d'exploitation | Windows, Linux, macOS, systèmes de type Unix | Windows, Linux, macOS, systèmes de type Unix |
| Prise en charge du protocole WebSocket | Oui | Oui (introduite dans la version 1.3.13) |
| Prise en charge du proxy inverse | Oui | Oui |
| Configuration des hôtes virtuels | Pris en charge | Pris en charge |
| Mise en cache | Disponible via des modules | Intégrée au cœur du logiciel |
| Consommation de ressources (mémoire) | Élevée | Faible |
| Format d'installation et de configuration | Basé sur du texte | Basé sur du texte (syntaxe plus simple) |
| Fonctionnalités de sécurité | La prise en charge de mod_security offre une configuration flexible des règles et un contrôle d'accès | Filtrage avancé, limitation du débit, prise en charge intégrée de l'atténuation des attaques DDoS et performances SSL/TLS |
| Communication chiffrée (SSL/TLS) | Pris en charge | Pris en charge |
| Gestion des connexions simultanées | Bonne | Très efficace |
| Montée en charge | Bonne | Exceptionnelle |
| Répartition de charge | Possible avec des modules | Fonctionnalité intégrée |
| Performances et vitesse globales | Satisfaisantes | Plus rapide en cas de forte simultanéité, surtout pour le contenu statique |
Architecture et concurrence
L'une des différences les plus importantes entre NGINX et Apache réside dans la manière dont ils traitent les requêtes entrantes en interne.
Cela a un impact considérable sur leurs performances et leur efficacité en matière de ressources.
L'architecture d'Apache, basée sur les processus

Apache suit un modèle basé sur les processus et crée un nouveau thread ou processus pour chaque requête entrante.
Ces processus ou threads sont gérés par des Multi-Processing Modules (MPM) :
- MPM Prefork : le modèle d'origine d'Apache. Chaque processus possède un seul thread et traite une connexion à la fois. C'est simple, mais cela peut consommer beaucoup de mémoire.
- MPM Worker : utilise plusieurs threads par processus, chacun traitant une seule connexion. Il est plus économe en mémoire que prefork, mais un trafic important et des requêtes gourmandes en ressources peuvent encore saturer le processeur et entraîner des problèmes de performances.
- MPM Event : semblable au MPM worker, mais optimisé pour les connexions keep-alive (connexions qu'un navigateur garde ouvertes entre deux requêtes). Il n'est toutefois pas encore entièrement asynchrone.
Ces modules sont tous de bonne qualité, mais ils présentent un inconvénient majeur : Apache doit créer de nouveaux processus ou threads pour chaque connexion entrante, puis les détruire une fois le travail terminé. Pour compenser, il crée à l'avance quelques processus inactifs (pre-forking).
Cependant, si plusieurs personnes veulent se connecter au site simultanément, Apache peut dépasser son pool existant et doit alors créer rapidement d'autres processus. Cela prend du temps et consomme de la mémoire.
Ce modèle fonctionne parfaitement pour les sites à trafic faible ou moyen. Apache peut cependant commencer à peiner face à de nombreuses connexions simultanées.
Tous ces processus distincts ne sont pas vraiment efficaces. Même avec le MPM event, Apache ne peut pas totalement échapper au modèle d'un thread par connexion.
L'architecture événementielle de NGINX

NGINX adopte une approche très différente. Au lieu d'utiliser des processus ou threads distincts pour chaque connexion, NGINX repose sur une architecture asynchrone et événementielle.
Voici comment cela fonctionne :
- NGINX dispose d'un processus maître qui gère plusieurs processus workers (généralement un worker par cœur de processeur). Chaque worker peut gérer des milliers de connexions simultanées. Les workers n'ont pas besoin de créer de nouveaux threads ni d'acheminer chaque requête vers un processus dédié.
- Les workers disposent plutôt d'une boucle d'événements dans laquelle ils surveillent efficacement les nouveaux événements sur les connexions existantes à l'aide des mécanismes du système d'exploitation, comme kqueue ou epoll. Ils peuvent ainsi jongler avec plusieurs connexions au sein d'un seul thread. Lorsqu'un événement se produit, comme l'arrivée d'une nouvelle requête ou la réponse d'un serveur backend, NGINX l'attribue rapidement à un emplacement libre du worker.
- C'est bien plus efficace que le modèle d'Apache. NGINX peut servir un nombre colossal de requêtes avec une empreinte mémoire minime. Il s'adapte remarquablement bien à la montée en charge, ce qui explique qu'il soit utilisé par bon nombre des sites les plus fréquentés du web.
L'inconvénient, c'est que NGINX ne peut pas intégrer d'interpréteurs de code comme le fait Apache.
Ainsi, lorsque vous voulez exécuter du code PHP ou du code Python, NGINX envoie les requêtes à un gestionnaire de processus FastCGI distinct comme php-fpm. Ce processus exécute le code et le traduit en quelque chose que le navigateur de l'utilisateur peut comprendre.
Apache, en revanche, peut exécuter des langages comme PHP, Perl et Python au sein de ses processus.
Comme NGINX en est incapable, le fichier de configuration peut devenir un peu plus complexe.
Les gains de performances compensent toutefois généralement ce désagrément.
Performances
NGINX est réputé pour ses excellentes performances lorsqu'il sert des fichiers statiques comme des pages HTML, des images, du CSS et du JavaScript.
L'architecture événementielle y contribue, mais NGINX a aussi d'autres atouts.
Tout d'abord, contrairement à Apache, NGINX n'a pas besoin de passer par le cache et d'accéder au disque à chaque requête. Il peut servir les fichiers directement depuis le disque. De plus, NGINX élimine la surcharge liée à la vérification des autorisations et au verrouillage des fichiers.
Le modèle d'Apache, où chaque connexion dispose de son propre processus ou thread, entraîne tout simplement une surcharge par requête plus importante que la boucle d'événements de NGINX.
Les petits sites ne remarqueront pas ce goulot d'étranglement, car tout est traité très rapidement en coulisses. En revanche, un grand site qui reçoit quelques milliers de requêtes par seconde verra ces problèmes commencer à ralentir l'expérience utilisateur.
NGINX dispose aussi d'un cache de fichiers intégré. Ce cache stocke les descripteurs de fichiers ouverts et les métadonnées des fichiers plutôt que leur contenu, ce qui réduit la surcharge disque par requête. NGINX revalide les entrées en cache selon un intervalle configurable : les modifications sur le disque sont donc prises en compte peu après.
Ces optimisations s'additionnent. NGINX sert généralement les fichiers statiques nettement plus vite qu'une configuration Apache par défaut, et l'écart se creuse à mesure que le nombre de requêtes simultanées augmente.
Bonus : cela peut aussi vous aider à améliorer vos Core Web Vitals et vous donner un petit coup de pouce sur Google.
Apache n'est pas lent pour autant. Il faut simplement prendre le temps de bien l'optimiser pour qu'il fonctionne parfaitement. Il est lui aussi capable de servir des fichiers statiques très rapidement.
Mais si vous voulez un serveur web performant dès l'installation, NGINX est le bon choix.
Configuration et syntaxe
NGINX et Apache ont des philosophies de configuration différentes.
Apache est réputé pour ses nombreuses options de configuration. En plus du fichier apache2.conf, vous devez ajouter vos règles et configurations dans le fichier .htaccess.
Les fichiers de configuration utilisent une syntaxe proche du XML et offrent une flexibilité incroyable. Apache propose une liste impressionnante de directives pour ajuster chaque aspect du comportement du serveur.
Vous pouvez définir des options de configuration globalement ou les remplacer pour des répertoires ou des hôtes virtuels précis.

La vraie force d'Apache réside dans son vaste écosystème de modules. Une multitude de modules Apache officiels et tiers vous permettent de tout faire, de la réécriture d'URL au filtrage de sécurité en passant par la mise en cache avancée. Pour utiliser un module, il suffit de le charger dans votre configuration Apache.
Le revers de la médaille : la configuration d'Apache peut vite devenir complexe, surtout pour des installations élaborées. Les directives peuvent se remplacer les unes les autres dans des chaînes d'héritage délicates. Les options de configuration sont souvent réparties dans plusieurs fichiers, au sein de différents sous-répertoires du dossier config principal. C'est très flexible, mais il faut du temps pour le maîtriser.
La configuration de NGINX, elle, mise sur la simplicité et la lisibilité. Pas de fichier .htaccess ici. Il vous suffit de configurer vos sites dans le fichier nginx.conf et le dossier sites-enabled, et le tour est joué.
La syntaxe s'inspire du style des langages de programmation courants. Elle reste puissante, mais moins tentaculaire que celle d'Apache.

Au lieu de modules, NGINX propose un ensemble plus restreint de directives et de fonctionnalités de base intégrées. Toutes les options d'une fonctionnalité donnée sont généralement regroupées dans un même bloc (entre accolades { }).
Certaines fonctionnalités avancées, comme l'équilibrage de charge et la mise en cache, se configurent dans le fichier principal nginx.conf, et non dans des fichiers séparés.
Résultat : les fichiers de configuration de NGINX sont généralement plus légers, plus faciles à lire et à configurer que les volumineux fichiers d'Apache, mais ils permettent quand même de faire beaucoup de choses. Et si vous migrez de l'un à l'autre, les assistants IA peuvent rédiger des blocs server pour nginx.conf ou traduire les règles de réécriture .htaccess en syntaxe NGINX comme point de départ — pensez simplement à tester le résultat avant de le déployer.
Sécurité
NGINX et Apache sont des projets open source dotés de vastes communautés actives de développeurs qui travaillent en permanence à identifier et corriger les vulnérabilités. Tous deux reçoivent régulièrement des mises à jour de sécurité et ont fait leurs preuves en matière de résolution rapide des problèmes.
Cela dit, leur approche de la sécurité présente quelques différences.
Voici quelques points clés à prendre en compte :
- Modularité : grâce à l'architecture modulaire d'Apache, vous n'activez que les fonctionnalités que vous utilisez, ce qui réduit la surface d'attaque. Avec NGINX, de nombreuses fonctionnalités standard sont intégrées directement au cœur du serveur, ce qui, selon certains, le rend moins flexible du point de vue de la sécurité.
- Filtrage des requêtes : NGINX dispose d'un puissant moteur de filtrage des requêtes intégré qui peut aider à bloquer les attaques web courantes comme l'injection SQL et le cross-site scripting (XSS). Apache offre des capacités similaires grâce à des modules comme mod_security.
- Configuration SSL/TLS : les deux serveurs prennent en charge SSL/TLS pour les connexions chiffrées, mais NGINX est souvent considéré comme plus facile à configurer. Sa documentation est plus claire et ses paramètres par défaut sont plus sûrs.
- Isolation des processus : l'utilisation par NGINX d'un processus maître unique et de plusieurs processus worker peut aider à isoler les zones problématiques. Les MPM prefork et worker d'Apache peuvent offrir une isolation similaire au niveau des processus, mais au prix d'une consommation de ressources plus élevée.
- Atténuation des attaques DDoS : l'architecture événementielle de NGINX et sa gestion efficace des connexions simultanées en font un choix populaire pour atténuer les attaques DDoS de petite et moyenne ampleur. Avec quelques modules supplémentaires et un peu d'optimisation, Apache peut lui aussi résister aux attaques DDoS.
Contenu dynamique, modules et écosystème
Apache est depuis longtemps la référence pour servir du contenu dynamique, car il intègre facilement les langages côté serveur. Avec les MPM prefork et worker, vous pouvez compiler la prise en charge de langages comme PHP, Python et Perl directement dans le binaire Apache.
Apache exécute ensuite un interpréteur dans chacun de ses processus worker. C'est simple et pratique : Apache peut transmettre les requêtes vers les fichiers .php à son interpréteur PHP intégré et récupérer le rendu.
NGINX ne prend en charge nativement aucun langage côté serveur. Pour exécuter PHP, Python ou Ruby on Rails avec NGINX, vous avez besoin d'un service distinct comme php-fpm, qui fait tourner l'interpréteur du langage. NGINX reçoit les requêtes et les transmet au backend, qui traite le code et renvoie une réponse.
C'est un peu plus long à configurer que l'approche tout-en-un d'Apache. Mais cela correspond bien à la philosophie de NGINX : faire une seule chose (servir des requêtes), et la faire bien.
Côté fonctionnalités, NGINX est livré avec un noyau compact d'outils utiles : équilibrage de charge, proxy, mise en cache, limitation du débit, compression et terminaison SSL. Mais il n'égale pas l'incroyable étendue de l'écosystème de modules d'Apache. Avec Apache, vous disposez de modules pour les schémas d'authentification, le filtrage de contenu, les langages de script intégrés, et bien plus encore.
Tous ces modules ne sont pas uniques. NGINX peut accomplir bon nombre des mêmes tâches, simplement de manière différente. Toutefois, la bibliothèque de modules d'Apache est très fournie.
Si vous avez besoin d'une fonctionnalité très spécifique, Apache a peut-être l'avantage.
Cela dit, les fonctionnalités de NGINX suffisent largement pour la plupart des besoins courants d'un serveur web.
Utilisation réelle, performances et communauté
La popularité de NGINX a progressé au cours de la dernière décennie.

En juillet 2026, NGINX équipe 31,5 % de tous les sites web dont le serveur est connu, contre 23,1 % pour Apache, selon W3Techs.
Gardez une chose à l'esprit : vous ne remarquerez pas la différence entre ces serveurs web, sauf si vous avez un grand site web ou un très petit serveur.
Peut-être appréciez-vous les nombreuses options de configuration d'Apache et son approche tout-en-un du contenu dynamique. La documentation d'Apache compte parmi les meilleures, et sa communauté est immense si vous avez besoin d'aide.
NGINX peut être un meilleur choix si vous visez une simultanéité maximale ou si vous créez un très grand site. Son architecture est un peu plus pérenne et conçue pour monter en charge. La communauté NGINX a d'ailleurs connu une croissance rapide. Sa documentation est solide elle aussi : vous trouverez de nombreux guides et beaucoup d'aide.
NGINX ou Apache : lequel choisir pour WordPress ?
WordPress fonctionne bien sur les deux. Les exigences d'hébergement officielles de WordPress.org recommandent Apache ou NGINX : la compatibilité n'est donc pas le problème. Tout se joue sur les performances et la configuration.
Sous Apache, WordPress écrit automatiquement ses règles de réécriture pour les permaliens lisibles dans le fichier .htaccess. C'est la solution la plus simple si vous gérez votre propre serveur.
NGINX ne lit pas du tout le fichier .htaccess. D'après le guide NGINX de WordPress.org, les règles de réécriture se placent plutôt dans la configuration du serveur, et PHP s'exécute via un service php-fpm distinct. Cela demande un peu plus de configuration, mais NGINX associé à php-fpm constitue la pile WordPress haute performance la plus répandue.
C'est aussi ce que proposent de nombreux hébergeurs WordPress gérés : DreamPress, l'hébergement WordPress géré de DreamHost, fait tourner toutes ses offres sur NGINX avec une mise en cache serveur intégrée. Vous profitez ainsi des performances sans toucher à un seul fichier de configuration.
En bref : si votre site dépend de règles .htaccess ou si vous voulez la configuration autogérée la plus simple, choisissez Apache. Si vous cherchez avant tout la vitesse face au trafic, ou si vous utilisez un hébergement WordPress géré, NGINX est probablement le meilleur choix (et vous l'utilisez peut-être déjà).
NGINX ou Apache : lequel vous convient ?
Choisissez NGINX pour les déploiements à fort trafic, riches en contenu statique ou limités en mémoire. Choisissez Apache si vous avez besoin de .htaccess, de mod_php ou de sa bibliothèque de modules. Et si vous avez besoin des points forts de chacun, utilisez-les ensemble, avec NGINX en proxy inverse devant Apache. Voici le détail de ces règles :
NGINX est préférable si :
- Votre site reçoit un trafic très élevé.
- Vous devez servir rapidement une grande quantité de ressources statiques.
- Vous construisez une architecture de microservices.
- Vous préférez un style de configuration plus épuré.
- Vous utilisez des conteneurs ou un hébergement VPS où chaque octet de mémoire compte.
Apache est préférable si :
- Vous avez besoin d'une compatibilité poussée avec des fonctionnalités propres à Apache, comme .htaccess.
- Vous voulez des modules pour des fonctionnalités très spécifiques.
- Vous devez exécuter d'anciennes applications web conçues pour Apache et mod_php.
- Vous appréciez tout simplement le système de configuration d'Apache.
- Votre serveur sert principalement au développement, et les performances sont moins cruciales.
Aucune règle ne vous oblige à choisir l'un ou l'autre.
Utiliser NGINX en proxy inverse devant Apache est très courant. Vous combinez ainsi l'efficacité imbattable de NGINX pour servir les fichiers statiques et traiter les requêtes simultanées avec la riche prise en charge des langages dynamiques d'Apache en backend : le meilleur des deux mondes.
NGINX ou Apache : FAQ
Quelle est la principale différence entre NGINX et Apache ?
L'architecture. Apache consacre un processus ou un thread à chaque connexion, tandis que NGINX utilise un modèle événementiel dans lequel chaque worker gère des milliers de connexions. NGINX consomme donc moins de mémoire en cas de fort trafic, tandis qu'Apache offre les fichiers .htaccess et une bibliothèque de modules plus vaste.
NGINX est-il plus rapide qu'Apache ?
En général, oui. La conception événementielle de NGINX lui permet de servir les fichiers statiques et le trafic à forte simultanéité plus rapidement et avec moins de mémoire. Une configuration Apache bien optimisée peut aussi être rapide, et sur les sites à faible trafic, vous remarquerez rarement une différence.
Peut-on utiliser NGINX et Apache ensemble ?
Oui. Une configuration courante place NGINX devant Apache en tant que proxy inverse : NGINX sert les fichiers statiques et gère les connexions simultanées, puis transmet les requêtes dynamiques à Apache, qui conserve en backend sa prise en charge de .htaccess et de mod_php.
Lequel est le meilleur pour WordPress : NGINX ou Apache ?
Les deux font très bien tourner WordPress, et WordPress.org recommande l'un comme l'autre. NGINX avec php-fpm est la pile haute performance la plus répandue, utilisée par des hébergeurs WordPress gérés comme DreamPress. Choisissez Apache si votre configuration dépend de règles .htaccess.
En résumé
Apache et NGINX sont tous deux excellents : le choix dépend surtout de vos besoins.
N'oubliez pas que même le serveur web le plus puissant n'est qu'un rouage de la machine. Si votre site semble lent, le logiciel ou le matériel du serveur web n'est donc pas forcément la première chose à optimiser.
Une mise en cache plus intelligente, l'optimisation de la base de données et du code, et un matériel sous-jacent solide peuvent accélérer votre pile davantage que des heures passées à bidouiller NGINX ou Apache.
Si vous cherchez un serveur pour faire vos essais, essayez le VPS de DreamHost. Avec un VPS, vous choisissez les logiciels à installer, la façon dont le serveur répond aux requêtes, et bien plus encore. De plus, grâce à la flexibilité d’un VPS, vous pouvez héberger plusieurs sites web sur un seul serveur et répartir les ressources entre eux selon vos besoins.
Par ailleurs, toutes les offres DreamPress incluent désormais NGINX.
Le seul moyen de trouver la configuration idéale, c’est d’expérimenter. Lancez un VPS, installez NGINX et Apache, et voyez lequel vous convient le mieux !